La chasse est ouverte !

C'est marée basse, morne plaine...
C'est marée basse, morne plaine...

Le mois de mars voit l'hiver finir. Les jours rallongent, les oiseaux chantent dès l'aube et les bourgeons gonflent les branches des promesses du printemps. Hier, quelques violettes ont éclos au pied de la haie. Ô délicate fragrance des premières fleurs de l'année...

 

Les signes sont clairs. La vie qui couvait sous la neige est sur le point de renaitre...

 

Mais il en est un autre encore plus parlant. La cave est vide. C'est marée basse, c'est morne plaine, l'hiver et ses longues soirées ont épuisé les stocks de l'année 2017, et la perspective de l'ouverture prochaine pousse le sommelier à l'action. Comme chaque année à la même période, il sait d'instinct ce qu'il a à faire. Le rythme de la nature le guide. Il s'équipe et part un bon matin, dans la brume froide, accomplir sa mission.

 

C'est le moment pour lui de partir en chasse.

En chasse de quoi ? De vin, bien sûr !

 

Oui, le vin se chasse. Du vin, il s'en trouve de partout. Des tonnes, des hectolitres, des cascades rouges et blanches. Mais du bon vin, ça se déniche. Le meilleur, au meilleur prix ? C'est le plus demandé, il ne faut pas le laisser filer. Alors il faut savoir se le procurer. Il faut gouter, repérer, comparer, s'informer avant d'acheter. Le printemps, c'est le moment où la plupart des vins de l'année sont mis en bouteille. L'occasion de savoir ce que vaut le nouveau millésime. Le vin d'un producteur qui vous avait séduit l'année dernière ne sera pas forcément celui qui vous séduira cette année. Et inversement. Il serait dommage de passer à côté. C'est cette lente et précise exploration qui va faire tout l'art du chasseur. Enfin, du sommelier. C'est le cœur du métier.

 

Quelles sont les meilleures techniques d'affût ? :  passer chez les vignerons, aller sur les salons. Ouvrir les yeux, le nez et les oreilles. Un vrai marathon. Imaginez 60 producteurs, chacun produisant entre 3 et 8 cuvées. Je vous laisse faire le calcul des dégustations. Imaginez que vous devez tout goûter, prendre des notes, parfois regouter pour être sur de votre achat, comparer les prix, vous souvenir des années précédentes, comparer dans le temps et dans l'espace ! Et certain dirons que ce n'est pas vraiment un travail, que ce c'est du plaisir, et que si l'on est fatigué le soir en rentrant, c'est surtout qu'on a un peu trop dégusté ! A d'autres...

 

Cette chasse est évidemment, et heureusement, à la fois un travail et un plaisir.

Faire ce que l'on sait faire. Puis partager ses découvertes.

 

L'aboutissement de cette recherche vient à l'ouverture de la saison, quand, une fois imprimée, reliée, et glissée dans la main du client, la carte des vins ouvre ses pages sur une sélection rigoureuse, pensée, cohérente, plaisante, pleine de valeurs sûres et de découvertes originales, accessible à toutes les bourses et à toutes les envies.

 

Une carte que l'on partage avec les amateurs comme avec les néophytes, dans la certitude de n'avoir que des vins qui, chacun dans sa catégorie, offrent le meilleur de ce que le patient flair du sommelier a su dénicher.

Et enfin, ouvrir une bouteille et voir le vin se libérer dans le verre, sous le sourire gourmand du buveur !

 

Là, c'est déjà l'été, mais nous n'y sommes pas encore...

 

Bientôt des articles sur les première sélections pour la saison 2018

 

A suivre !

 

Arnaud Heckmann

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