A la recherce de la pierre philosophale

L'étrange cuisine de l'alchimiste
L'étrange cuisine de l'alchimiste

      Assis devant son écritoire, éclairé par la faible lueur d'une bougie, Georgius Agricola trempe un dernière fois sa plume dans l'encrier, puis, avec un sourire de satisfaction où l'on peut distinguer un voile de fatigue sous une barbe de trois jours, il écrit le dernier mot de son traité "De Lapide Philosophico",

 

La pierre philosophale dont il est question ici, il aura passé toute sa vie à la chercher. D'autres avant lui, d'autres encore après lui auront cette quête un peu folle. Ce sont les alchimistes. De solide savants, précurseurs méconnus de biens des savoirs scientifiques. De tous pays , de toutes époques, ils auront consacrés tout leur art, parfois jusqu'à la ruine et à la folie, pour percer le secret de cette pierre mythique, celle qui possède le secret de transformer les métaux en or et de prolonger la vie humaine. Celui qui la possède aura dépassé sa condition mortel, nouveau Prométhée ayant dérobé aux dieux leur secret le plus précieux.

Or Georgius, tout en étant un des savants les plus respectés de son temps, sait qu'il a échoué. Lui pas plus qu'un autre, n'a fait mieux que de s'approcher en conjectures du secret le mieux gardé de l'univers. Il aura posé un jalon sur la route de l'énigme, mais le chemin de la vérité se perd encore à l'horizon, toujours plus loin de ce que l’œil humain est capable d'embrasser. Il quitte sa chaise,  tourne comme un lion en cage dans son petit laboratoire, hèle sa servante. Il a subitement faim et soif. Elle lui ramène une collation simple mais roborative : un pichet de grès plein de vin du Rhin, son favori, une miche de pain bis, un saucisson et un quartier de fromage. Il se rassoit, entame sa collation, sans savoir que c'est précisément dans ces aliments réunis que se trouve le secret  qu'il à cherché toute sa vie durant. Il vide lentement le pichet dans son petit gobelet d'étain. Ses soucis semblent plus lointains, dilués... Il sourit enfin. Il a fait de son mieux, en son âme en conscience.

 

Ce n'est que trois siècles plus tard que le secret sera enfin percé. Par un scientifique on ne peux plus cartésien et académique, Louis Pasteur. Ce secret, c'est la fermentation. La pierre philosophale, nous le savons maintenant, est un fantasme. Mais il est une particule terrestre capable de changer le plomb en or et de prolonger la vie : la bactérie de la levure. Un champignon unicellulaire. Exactement celle que l'on retrouve dans le vin, le pain, le saucisson et le fromage. Exactement celle qu'utilisaient les Égyptiens il y a cinq mille ans pour brasser leur bière, sans avoir la moindre idée de l'existence de ce champignon, identifié par le Louis le plus célèbre du monde en 1857.

 

Prenez du jus de raisin frais. Prenez du lait frais, de la farine fraichement moulue mêlée à de l'eau où de la viande de porc juste découpée. Toutes ces denrées sont périssables, de peu de saveur. Destinée à disparaitre à court terme dans les méandres de la putréfaction, de la mort. Tout ce qui vit doit mourir, à plus ou moins court terme. Mettez-y un levain. Le jus de raisin deviendra vin, la farine un pain moelleux et digeste, le lait un fromage gouteux, la chair de porc un saucisson aux concentrés d'arômes à la belle croute fleurie : le prolongement de la vie. Un incroyable moyen de conservation, bien avant les frigos. Quasiment le seul, avec le sel. Pour ce qui est du plomb en or, il n'est que de comparer le goût de ces denrées avant et après leur fermentations pour comprendre que leur valeur gustative et nutritionnelle décuple sous l'action de la pierre philosophale qu'est la levure.

 

Ainsi, la nature où la providence à permis à l'homme d'accéder à la vie éternelle à travers ce minuscule champignon, présent partout dans l'univers. Tout a été prévu sur Terre pour émerveiller l'homme et le réconforter de sa mortelle condition.

Nous vous invitons donc à partager ce mystère millénaire et alchimique au vin de l'été, autour d'une bonne planche de charcuterie et fromage, accompagnée d'un bon pain du Diois et de l'une de nos bouteilles sélectionnées.

 

Peut-être qu'un soir, sur notre terrasse, trinquant à la bonté de l'univers, vous aurez soudain la conscience d'être en présence de cette fameuse pierre qui était là sous nos yeux, tellement présente qu'elle en devenait invisible, telle la lettre volée d'Edgard Allan Poe. Et repenserez avec tendresse à ce bon Georgius Agricola, à tous ceux qui le précédèrent et le suivirent...

 

Arnaud Heckmann

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires: 2
  • #1

    L'inconu (mercredi, 18 juillet 2018 12:24)

    Chaq'un a sa propre piere philosophale il faut la chercher .d'abord il faut savoir où la chercher. Le reste c'est simple. 0707081616 maroc

  • #2

    L'inconu (mercredi, 18 juillet 2018 12:56)

    J'ai passé ma vie à chercher ce secret. Et je suis fière de trouver la clé. Mais domage c'est trop tard car je suis vieux maintenant. J'ai pas la force pour ouvrir la porte de ce trésor. Je porte toujours la clée c'est un grand secret que je cache dans ma poitrine. Peut être si je trouverais quelqu'un qui l'a mérite je vais la lui confier avant ma mort.
    Tous ce que je peux dire. Que cest une piére. Mais avant ça elle est caché dans l'eau comme le sel dans la mer. Alors Ne la cherchez pas dans les piére. Mais dans l'eau pur pur pur. Comment ça ? Désolé C'est un grand secret que les chimiste d'aujourduit ne le connait pas encord. (désolé pour mon orthographe)